Débuter comme photographe : les réponses que j'aurais aimé avoir quand je me suis lancé

Premier appareil, spécialité, photo ou vidéo, location, sauvegarde : ce que j'ai appris en commençant avec un Canon 550D

par Adlane, fondateur de mesgaleries.com
Débuter comme photographe : les réponses que j'aurais aimé avoir quand je me suis lancé
© Photo Marco Xu, Unsplash (licence Unsplash)

Faut-il acheter le meilleur appareil, se spécialiser, proposer photo et vidéo, louer son matériel ? Ce que j'ai appris en commençant avec un Canon 550D, et la règle de sauvegarde qui m'aurait évité de perdre des photos.

Série « Se lancer comme photographe » : ce que j'aurais aimé savoir quand j'ai commencé, et ce que je vois aujourd'hui chez les photographes qui livrent leur travail sur mesgaleries.com. C'est un avis personnel, à prendre comme tel.

Mon premier vrai appareil photo, c'était un Canon 550D avec un objectif 18-135, un zoom très polyvalent. Il a englouti la totalité de mes économies. Avant, je faisais mes photos avec des petits appareils numériques du commerce, et je n'avais pas la prétention de faire du travail de qualité. Avec lui, d'un coup, j'ai eu des rendus que je n'arrivais pas à obtenir avant, avec de vraies profondeurs de champ. C'est à partir de cet appareil que je me suis mis à faire de la photo et de la vidéo plus sérieusement.

Sauf que ce n'était pas celui que je voulais. Moi, je voulais le Canon 5D Mark II, le fleuron de l'époque, parce que pour moi il fallait absolument avoir le meilleur matériel. Il était bien au-dessus de mon budget, alors je me suis rabattu sur un appareil plus entrée de gamme, qui correspondait mieux à ma situation. Je ne l'ai compris que plus tard, mais c'était le bon choix.

En bref : quel type de photo choisir et quel matériel acheter quand on débute ?

Pour le terrain, il n'y a pas de réponse toute faite : choisis celui qui va avec ton tempérament. Un mariage demande de tenir la pression et de réagir vite, une association te laisse plus de liberté, le sport demande des réglages bien maîtrisés, et la vidéo est un métier à part entière.

Pour le matériel, pas besoin du meilleur appareil du marché. Il te faut :

  • un boîtier, même d'entrée de gamme, que tu vas apprendre à régler ;
  • un objectif polyvalent ;
  • deux disques durs externes, pour avoir toujours deux copies de tes photos.

Le matériel haut de gamme ou très spécifique, tu peux le louer pour l'essayer avant de franchir le pas. Et faire un crédit pour t'acheter le meilleur appareil photo, à mon avis, c'est une bêtise.

Faut-il acheter le meilleur appareil photo pour débuter ?

Non. Ce n'est pas parce que tu as le meilleur appareil que tu feras de meilleures photos, surtout si tu ne sais pas encore t'en servir. Si tu as envie de faire de la photo, il te faut juste un appareil photo.

Imagine quelqu'un qui vient tout juste d'avoir son permis et à qui on offre une Ferrari de plusieurs centaines de chevaux. Ça n'a aucun sens. Il commence à peine à conduire, il ne sait pas encore comment répond une voiture, et il y a fort à parier qu'il finisse dans le talus. Ce serait quand même dommage d'abîmer sa première voiture, une voiture de luxe en plus, juste parce qu'il n'a pas encore la maîtrise.

Avec un appareil photo, c'est pareil. Même si le numérique a simplifié beaucoup de choses, la photo reste un art qui demande de la maîtrise et du savoir. Il faut peaufiner son art avant de chercher le meilleur boîtier.

Pourquoi apprendre à sortir du mode automatique ?

Parce qu'en mode automatique, c'est l'appareil qui décide de ton style. Tu maîtrises le cadrage, d'accord, mais tout ce qui reste dans l'image, le grain, la luminosité, c'est le mode auto qui l'a réglé. C'est comme ça qu'on se retrouve avec des photos plates, qui ne ressemblent pas vraiment à ce qu'on avait vu.

Le mode auto, c'est très bien pour des photos faites à la va-vite, et pour commencer, ça reste parfait : il faut bien démarrer quelque part. Mais au minimum, tu dois comprendre les ISO, la focale, les objectifs, pour savoir régler ton appareil au bon moment, en fonction de ce que tu es en train de faire.

Et il n'y a aucune honte à ne pas savoir. Il faut juste reconnaître quand on ne sait pas. Aujourd'hui, on a une chance assez incroyable : avec les outils d'intelligence artificielle, tu as un mentor à disposition sur à peu près tous les sujets. Tu ne comprends pas les ISO ? Demande-lui simplement : « Est-ce que tu peux m'expliquer comment fonctionnent les ISO sur un appareil photo numérique ? », ou « Explique-moi simplement comment comprendre les focales. » Pas besoin d'un abonnement payant pour ça, les IA gratuites répondent très bien à ce genre de questions. On peut apprendre beaucoup plus vite qu'avant, à condition de s'en donner la peine.

Peut-on compter sur le recadrage en post-production ?

C'est la fausse bonne idée. On se dit souvent « c'est pas grave, je recadrerai en post-production ». Sauf que le cadre, il est devant toi, au moment où tu déclenches. Quand tu reprends tes photos le lendemain ou le surlendemain, tu as peut-être oublié l'idée que tu avais en tête quand tu as pris ce cliché un peu de travers. Il va falloir rogner dans l'image, alors que si tu avais décalé ton appareil d'un centimètre sur la gauche, tout aurait peut-être été parfait.

Et la post-production, ça prend du temps. Généralement, tu passes bien plus de temps à rattraper un cadrage sur ton ordinateur qu'il ne t'en aurait fallu pour simplement décaler ton appareil au moment de la prise de vue.

Cadrer juste du premier coup, c'est l'expérience qui va te l'apprendre.

Quel type de photo choisir quand on se lance ?

Il n'y a pas de réponse toute faite, ça dépend vraiment de toi. Prends quelqu'un qui est passionné de macro, de fleurs ou d'insectes, et qui aime prendre son temps pour régler parfaitement son appareil et faire deux ou trois clichés dans l'après-midi. Un mariage risque d'être une épreuve pour lui : le stress, le peu de temps pour préparer ses réglages, la signature de l'acte dans une pièce où la lumière n'est pas top et où il faut contrôler son appareil sans hésiter. Je ne lui recommanderais pas de commencer par là.

Chaque terrain est différent. Voici ce que j'en ai retenu, après des mariages, des journées associatives, des événements sportifs et des tournages.

Une association

C'est le terrain où tu es le plus libre dans ce que tu proposes, parce que le client est moins exigeant. On y est aussi un peu moins pointilleux sur le résultat final.

Un événement sportif

Là, il va falloir maîtriser tes réglages. Les gens sont en mouvement, l'éclairage ne suffit pas toujours, et tu dois rester en alerte tout le temps, avec des réglages bien calculés, pour prendre le meilleur cliché au meilleur moment.

Un tournage vidéo

On fait souvent comme ça vient. Par contre, si on te confie la réalisation complète, tu dois aussi diriger les acteurs ou les figurants pour que le résultat ressemble à ce que tu as en tête. Ce n'est pas évident à mettre en place, c'est un métier en soi.

Un mariage

C'est sans doute là où la pression est la plus forte. Pour les mariés, c'est leur journée, et ce qui restera de leur mariage, ce sont les photos. Des photos ratées, ils s'en souviendront toute leur vie. Ce stress, il ne faut pas le négliger. On peut tout à fait le maîtriser, mais c'est l'expérience qui va t'amener à moins stresser. Il en restera toujours une part, sur n'importe quelle prestation, parce qu'il faut toujours savoir gérer l'imprévu.

Et quel que soit le terrain, ce n'est pas la quantité de photos qui compte, mais bien la qualité : l'œil que tu mets, le cadrage que tu fais.

Faut-il commencer par photographier les mariages de ses amis ?

C'est chouette pour démarrer, mais je ne le recommande pas trop. Mes premiers mariages, c'étaient ceux de mes amis. Une fois qu'ils ont tous été mariés, j'ai fait les mariages de leurs amis.

Les amis, c'est très bien pour se lancer : tu travailles sur de la matière réelle, sur un vrai événement. Par contre, leur avis n'est pas du tout objectif. Soit tu tombes sur des gens qui t'aiment beaucoup et qui ne te diront jamais que le reportage est flou, que la balance des blancs est complètement ratée ou que les blancs sont cramés. Soit tu livres le meilleur mariage que tu aies jamais fait, et tu auras droit à un merci et une petite tape sur l'épaule, sans que ton travail soit vraiment reconnu.

Parce qu'officiellement, tu n'es pas leur photographe : tu es juste là pour faire office de photographe. Et comme tu ne fais pas de facture, puisque ce sont des amis, ils peuvent se permettre de sous-estimer ta prestation.

Faut-il proposer la photo et la vidéo quand on débute ?

En toute franchise, non. Sur tes premiers mariages, proposer les deux, c'est juste impossible. Il y a beaucoup de moments très forts qu'il ne faut pas rater, et passer d'un appareil à l'autre, ou du mode photo au mode vidéo sur le même appareil, ce qui est encore plus technique, fait que tu vas forcément en louper. Soit en vidéo, soit en photo.

J'en ai fait les frais. J'étais en mode photo au moment de la signature et de la remise des alliances. Le temps de basculer en mode vidéo pour capturer le moment, c'était cuit, il était passé. Ça va tellement vite. Quand il a fallu rendre le film à la fin, ce moment-là n'y était pas, tout simplement parce que je ne l'avais pas filmé.

La vidéo est un sujet à part entière, tout comme la photo, et on ne cadre pas une vidéo comme une photo. Ajouter la vidéo, ça se fait généralement avec un collègue avec qui tu as déjà travaillé : l'un s'occupe de la photo, l'autre de la vidéo. Là, ça devient beaucoup plus équilibré.

Faut-il acheter ou louer son matériel photo ?

Si tu sais déjà te débrouiller avec un appareil, la location peut être un très bon point de départ. C'est un bon moyen de tester des appareils haut de gamme avant de franchir le pas et de les acheter. Et ça te donne accès à des objectifs de très haute qualité pour bien moins cher, sans sortir une somme astronomique.

Le conseil le plus important : loue bien avant l'événement. Fais des tests dans différentes conditions, pour que le jour J tu saches exactement où sont les réglages et que tu puisses réagir très vite.

Par contre, louer pour le jour J un appareil que tu ne connais pas, c'est foncer droit dans le mur. Ça veut dire que tu vas faire tes armes sur un événement critique. Pas une super idée.

Comment sauvegarder ses photos quand on débute ?

Avec deux copies, sur deux disques durs différents, dès le premier jour. J'ai perdu beaucoup d'événements avant de le comprendre.

À l'époque, je stockais tout sur un disque dur externe. Les disques durs mécaniques, au moindre choc, une chute d'un centimètre, pouvaient se rayer ou griller complètement. Plus aucune donnée accessible, une perte totale. Il restait la solution de l'envoyer dans un centre de récupération de données, mais ça coûtait deux fois le prix du mariage que j'avais photographié.

Ce que je recommande vraiment :

  • deux disques durs externes, avec exactement les mêmes fichiers dessus. Idéalement pas achetés en même temps, pour qu'ils ne tombent pas en panne ensemble ;
  • une troisième copie sur ton ordinateur, si tu peux ;
  • une rotation régulière : change de disque tous les deux ans environ, et vérifie que tes fichiers sont toujours en bonne santé.

Oui, ça coûte deux fois plus cher. Mais avec cette méthode, tu as quasiment la certitude de toujours avoir tes photos.

Parce qu'un disque dur n'est pas éternel. Même débranché, il se dégrade avec le temps : des blocs deviennent illisibles, et des fichiers se perdent. Ça m'est arrivé sur des reportages que j'avais pourtant bien copiés sur deux disques. Au bout de cinq ans, j'avais transféré les fichiers du disque A vers le disque B. Le disque A est tombé en panne, alors j'ai copié le B vers un nouveau disque C. Quand des clients m'ont redemandé leurs photos, je les ai prises sur le C, et une cinquantaine de photos de l'événement étaient perdues. Elles étaient déjà abîmées sur le B, et je les avais recopiées sans le savoir.

Plus tard, quand ton activité grandit, tu pourras passer à des solutions comme un NAS, un serveur de stockage chez toi, pour professionnaliser ta méthode. Mais on ne démarre jamais avec un seul disque dur.

Pour les photos que tu as livrées, tu peux aussi penser à l'archivage longue durée. Sur mesgaleries.com, c'est ce que fait la fonction Mémoire : elle archive une galerie pendant 10 ans, chiffrée, et toi comme tes clients pouvez récupérer les photos quand vous en avez besoin, sous 72 heures, même des années plus tard. Le jour où un client te redemande les photos de son mariage cinq ans après, tu n'as plus à espérer que ton vieux disque dur tienne le coup.

Comment se démarquer quand on est un jeune photographe ?

Pas forcément par son matériel. D'abord par son savoir-vivre et sa discrétion. Sur un mariage, tu ne peux pas te placer devant tous les invités. Le photographe doit être là, mais il doit réussir à faire oublier sa présence. Il n'y a rien de plus décevant qu'un photographe qui gâche la vue de tout le monde au moment de la remise des alliances.

Ça passe aussi par la tenue. Habille-toi en fonction de l'événement sur lequel tu travailles. Si tu arrives en short de basket alors que tout le monde est en costume, avec l'air de sortir de la salle de sport, ça crée un décalage. Et là, le photographe n'est plus invisible : les invités ne voient plus que lui.

Qui écrit cet article ?

J'ai fait de la photo pendant une dizaine d'années. Au début, je photographiais surtout des voitures. Je me suis passionné pour un modèle en particulier, je me suis inscrit sur un forum qui lui était consacré, et j'ai commencé à y partager mes photos et à écrire des tutoriels. C'est là que je me suis rendu compte que passer des photos d'un 550D à un forum qui n'acceptait que des images de 800 pixels, c'était un vrai projet : il fallait convertir, compresser, héberger. Ça m'a mis la puce à l'oreille.

Ensuite sont venus les mariages, les journées associatives, les événements sportifs, et la vidéo, avec des clips musicaux et des documentaires. Aujourd'hui, je fabrique l'outil avec lequel des photographes livrent leur travail. Il est né en 2010, au mariage d'amis où j'étais invité. L'envie de créer n'a pas changé, elle passe maintenant par l'outil.

À retenir

  • Choisis ton terrain selon ton tempérament : un mariage demande de tenir la pression, la macro demande du temps.
  • Pas besoin du meilleur appareil pour commencer, et surtout pas de crédit pour l'acheter.
  • Apprends les bases (ISO, focale, objectifs) pour sortir du mode auto. Une IA gratuite peut te les expliquer.
  • Cadre au moment de la prise de vue, pas en post-production.
  • Sur tes premiers mariages, la photo ou la vidéo, pas les deux.
  • La location permet de tester du matériel haut de gamme avant de l'acheter. Loue bien avant l'événement et fais des tests, jamais un appareil inconnu pour le jour J.
  • Deux copies de tes photos sur deux disques dès le premier jour, et une rotation tous les deux ans. Pour les galeries livrées, un archivage longue durée comme Mémoire prend le relais.
  • Pour te démarquer : discrétion, savoir-vivre, tenue adaptée.

Vous pourriez aussi aimer