En 2010, partager des photos relevait du parcours du combattant. Entre DVD, clés USB et forums, découvrez comment les solutions d'aujourd'hui ont révolutionné notre quotidien.
En 2010, partager des photos en ligne relevait du parcours du combattant. Cette époque semble aujourd'hui préhistorique, mais elle n'est pourtant vieille que d'une quinzaine d'années.
Les photographes professionnels livraient systématiquement leurs images sur DVD ou clé USB. Les mariés recevaient leurs photos de mariage dans une pochette plastique, puis devaient organiser eux-mêmes la distribution aux invités. Imaginez : dupliquer des dizaines de supports physiques, les envoyer par courrier postal, attendre que chacun les reçoive. Une logistique lourde, coûteuse et chronophage.
À cette époque, Dropbox commençait tout juste à émerger avec ses quelques gigaoctets gratuits. WeTransfer n'était pas encore entré dans les habitudes. Quant aux réseaux sociaux comme Facebook, ils compressaient si fortement les images que toute impression de qualité devenait quasi impossible. Les photographes refusaient catégoriquement d'y publier leurs créations.
L'âge d'or des forums et de l'hébergement d'images
Un autre univers dominait Internet : les forums spécialisés. Les passionnés de mécanique, de photographie ou d'informatique partageaient leurs tutoriels avec des images hébergées via des services externes. Ces plateformes d'hébergement générait des liens BBCode ou HTML que les utilisateurs intégraient directement dans leurs messages.
C'est dans ce contexte particulier qu'est né My-Share.fr. L'idée paraissait évidente : créer des galeries collaboratives où chacun pouvait déposer ses photos et générer automatiquement des codes d'intégration pour les forums. Fini les manipulations complexes, place à la simplicité.
Un succès rapide mais une leçon économique
Le succès a été immédiat. En quelques années, le site hébergeait miliers de phots vues près d'un million de fois. Les communautés de forums adoptaient massivement cette solution qui simplifiait leurs échanges visuels.
Mais un problème majeur est rapidement apparu : l'hébergement d'images coûte cher. Très cher. Chaque photo uploadée représente un coût de stockage et de bande passante. Sans modèle économique, sans publicité, le projet reposait uniquement sur un financement personnel qui s'avérait insuffisant face à la croissance.
Cette expérience a constitué une première leçon entrepreneuriale fondamentale : un service utile aux utilisateurs doit aussi être économiquement viable pour perdurer. Une réalité que beaucoup de startups découvrent encore aujourd'hui, souvent trop tard.
Quinze ans plus tard, les géants du web ont résolu cette équation en monétisant nos données ou en proposant des abonnements premium. Mais à l'époque, ces modèles n'étaient pas encore démocratisés.